L’adolescent populaire

Je découvre un nouveau concept : l’adolescent populaire

Sollicitée par un journaliste au sujet d’une enquête je découvre le concept  « d’adolescent cool » made in USA qui vient de faire son entrée en France à la suite d’une étude de chercheurs.

Considérés comme des stars à l’école et des modèles pour leurs camarades, le comportement de certains de ces adolescents (184 ont été observés depuis l’âge de 13 ans jusqu’à 23 ans) a été étudié par Joseph P. Allen professeur de psychologie de l’Université de Virginie. Il constate que les adolescents les plus populaires ont « mal tourné » car à l’âge de 23 ans, 45% d’entre eux souffrent de problèmes d’addiction.

Et la presse de s’alarmer en constatant que des jeunes qui font l’admiration de leurs camarades, des adolescents cool, aimant la vie et les fêtes, bien dans leurs peaux puissent mal tourner…

Cette étude et les commentaires journalistiques suscitent en moi plusieurs réactions :

Je m’agace d’abord de cette manie médiatique de « faire des chou gras » avec des études de ce genre, de s’alarmer dès qu’il est question de jeunesse et d’oublier de tempérer ce type d’études par des témoignages d’adolescents et de jeunes qui vont bien et accomplissent des parcours humainement remarquables.

Je m’exaspère ensuite de lire, sous couvert d’approche scientifique, ce déterminisme qui consiste à prévoir le sombre avenir de certains adolescents parce qu’ils manifestent tel ou tel comportement ou pratique à tel moment de leur développement.

Parallèlement je trouve intéressant de réfléchir aux problèmes de narcissisme dont sont atteints bon nombre de personnes en Occident, toutes générations confondues. Désir de plaire, d’être célèbre et célébrée, besoin d’être vu par les médias en tout genre, besoin de se regarder dans des miroirs ou des vitrines de magasins ou de se prendre en photo à longueur de journée, besoin d’avoir des milliers d’amis représentent quelques manières de cultiver son image et de la valoriser dans notre société du paraitre. Certains n’existent que parce qu’ils sont vus. Le risque avec la culture de l’image de soi, c’est qu’elle ne recouvre que du vent ou du faire semblant. Les adolescents en sont les premières victimes.

Mais l’étude citée plus haut ne remet aucunement en cause les modèles de comportement que nous impose la société de consommation qui encourage les dépendances et addictions en tout genre ; dommage !

Edith TARTAR GODDET