Une question parmi d’autres sur la réforme des rythmes scolaires

Un enfant, scolarisé en école élémentaire en classe de CE2 sort grognon de l’école à 16 h 30 après la séquence d’activité périscolaire/APE. Il passe ainsi deux fois par semaine (excepté le mercredi) 45 minutes de 15h45 à 16h30, ainsi que les autres enfants de sa classe, avec la « dame de la cantine » qui anime cette activité. Aujourd’hui l’enfant a voulu répondre à la question que cette dame posait mais sa réponse n’étant pas exacte, il s’est fait punir. « Tu ne parleras plus jusqu’à la fin de l’activité » a-t-il entendu.

Après avoir raconté à sa mère cette expérience, pour le moins étrange, il demande à ne plus rester à l’école après 15h30.

La réforme des rythmes scolaires qui comprend un étalement des cours sur 5 jours et un arrêt de ceux-ci aux alentours de 15h30, en fonction de la durée de la pause méridienne, confie aux collectivités locales le soin d’organiser le temps d’animation après la classe. Certes la durée de ce temps est assez brève (45 minutes environ) mais les collectivités territoriales doivent inventer comment occuper ce temps. Certaines recrutent des animateurs sportifs ou artistiques, d’autres confient à des bénévoles le soin d’occuper les enfants, d’autres encouragent les familles à venir chercher leurs enfants dès 15h30, etc… les ressources humaines et financières locales étant totalement disparates d’une ville à l’autre.

Et lorsque cette activité est confiée, par manque de ressources, à des personnels municipaux ici la dame qui s’occupe de la cantine, fait le ménage dans l’école, assure la garderie et la surveillance de la pause méridienne, cette personne ne bénéficie d’aucune formation pour réaliser un travail totalement différent de celui pour lequel elle a été embauchée. Et comme elle est perçue par les enfants comme une personne de l’école, ce temps d’APE ne se distingue pas dans leur esprit du temps scolaire.

Que faire alors, lorsque l’on est parent ?  Ecouter son enfant et prendre en compte ce qu’il dit. Car, sans s’en rendre compte la dame de la cantine fait un travail destructeur en punissant l’erreur de l’enfant de manière aussi excessive. Peut-être reproduit-elle aujourd’hui avec les enfants, la manière de faire de son enseignante à son égard lorsqu’elle était elle-même élève ? La réaction de l’enfant est ici parfaitement saine et il s’agit pour le parent de protéger son enfant.

Il est toujours souhaitable de ne pas agir seul et de se rapprocher d’autres familles pour réfléchir ensemble à la manière d’agir. Nous réfléchissons toujours mieux à plusieurs. Ce temps d’activité relevant de la mairie, il peut être utile de prendre rendez-vous avec l’adjoint au maire chargé des affaires scolaires pour lui exposer la situation. Il serait aussi souhaitable que les responsables des associations de parents d’élèves puissent en parler en conseil d’école (bien que cette question ne relève pas de la compétence des enseignants) pour rendre visible ce qui se passe durant ce temps d’activité périscolaire ; car le risque est qu’il n’y ait aucun lien entre ces deux temps différents que les enfants passent à l’école.

Hedwige et Edith